Blog de Savoie & Piedmont

Extrait N° 5 - A Saint-Jean-de-Maurienne, il y a un petit marché.....


À Saint-Jean-de-Maurienne il y a un petit marché hebdomadaire pour les fromages, le beurre, les œufs et les poulets. Les mules après avoir été déchargées sont attachées à n'importe quel piquet de bois à portée de main, ou à quoi que ce soit qu'on trouve dans l'une des rues voisines, et là, les animaux attendent patiemment jusqu'à environ trois ou quatre heures de l'après-midi, qu'on les recharge de nouveau pour repartir pour un trajet de quatre ou cinq heures de retour dans les montagnes.

Le marché commence à environ cinq heures du matin, les femmes se tenant à l'entour, en groupes pittoresques, les bras passés dans l'anse de leur panier. Les unes vendent des sabots de cuir ou de bois, d'autres portent des poulets vivant confortablement installés sous le bras horizontalement, les pattes liées ensemble et dépassant par-derrière. Parfois, on voyait un poulet porté sens dessus dessous par les pattes, mais c'était rare, et quand on les porte comme il faut bien droit, ils demeurent parfaitement calmes. De vieilles femmes avec de grands parapluies et des paniers pleins, d'œufs, de beurre ou de tomates, de pommes acides et de poires, descendent la rue principale à pied et frappent à chaque porte pour essayer de vendre leur marchandise, on m'a souvent arrêtée et sollicitée pour acheter un plein panier d'œufs frais.

On peut aussi acheter du pain à ces marchés hebdomadaires. La forme ordinaire du pain est la « couronne » qui est un cercle d'environ soixante centimètres de diamètre avec un trou au milieu à travers lequel on passe un parapluie, les paysans normalement les portent enfilées sur le parapluie posé à l'épaule et celles-ci tournent autour de leurs épaules, ou alors elles sont enfilées à chaque bras.

Je demandais à mon modèle si elle connaissait des légendes et elle me répondit : « Oui, mais c'est bien trop vieux, trop vieux pour vous les raconter. » Je la persuadais de me les dire et voici l'histoire.

Dans les temps anciens, les fées avaient l'habitude de voler tout le fromage le lait et le pain des bergers quand ils étaient occupés à mener leur bétail au pâturage. Alors, on décida pour que ça cesse de construire une chapelle qui on l'espérait, anéantirait le pouvoir de ces esprits ensorcelés. Quand on eut réuni assez d'argent, la chapelle fut construite, mais alors on s'aperçut qu'il n'y avait plus d'argent de reste pour payer le prêtre qui dirait la messe.

Pour contourner la difficulté, on décida que la messe ne serait dite ici qu'une fois par an, et que ce jour fixé par le prêtre pour la célébration, des offrandes de lait, de fromage et de pain seraient apportées à la chapelle pour y être vendues, et l'argent en serait donné au prêtre. Depuis lors, les fées n'ont jamais plus inquiété les bergers. Mon modèle lorsqu'elle eut fini l'histoire me dit : « Je ne sais pas si c'est vrai, moi, je n'ai jamais vu les fées, je ne sais pas, s'il faut y croire ou non. »

Puis elle me raconta la chose suivante qu'elle avait lue dans un très vieux livre quand elle était petite fille.

« Il était une fois un vieux couple qui était totalement consacré à leur fils unique, et leur tristesse fut grande lorsque, le jour fixé pour son mariage, il s'enfuit et ne put être retrouvé nulle part. Pendant des années, ses parents le cherchèrent, mais ils n'obtinrent aucune nouvelle du tout de lui.

Après une longue période, un personnage étrange qui avait erré dans les montagnes, arriva au village. Il était vieux, et ses vêtements étaient de tels haillons que personne ne voulait avoir quoi que ce soit à faire avec lui. Les deux seules personnes qui se soucièrent de lui furent les deux paysans qui avaient perdu leur fils, car ils disaient espérer que si quelqu'un retrouvait leur fils, on prendrait soin de lui comme ils le faisaient pour cet étranger. On lui procura un abri garni de foin, mais il était traité par ailleurs si méchamment par les gens du village qu'il décida de s'enfuir de nouveau dans les montagnes. Il reprit son errance, et en chemin, il eut une apparition où il vit qu'une couronne de gloire l'attendait au ciel. Et alors une force inconnue l'obligea à retourner dans l'abri. Le jour suivant lorsque le vieux couple vint apporter à manger à l'étranger, ils virent qu'il était devenu très beau et qu'autour de sa tête, il y avait un halo tandis que la grotte brillait d'une lumière surnaturelle. L'homme était couché étendu sur la paille et quand ils l'examinèrent de plus près, ils virent qu'il était mort. Dans sa main, il tenait un rouleau de papier sur lequel sa vie était racontée, et quand les paysans l'eurent lu, ils comprirent que c'était leur propre fils. »

Mon modèle était plutôt triste en me racontant cette histoire et elle me dit « je l'ai lue quand j'étais bien jeune ; c'est bien beau, n'est-ce pas ! Oh, comme je pleurais en lisant certaines parties. »

Elle me raconta également les légendes suivantes.

« À Salude il y avait un immense trésor enterré dans un lieu bordant un précipice effrayant, et pour l'atteindre, il y avait certaines conditions qui devaient être observées soigneusement. La personne devait s'y rendre seule la nuit de Noël, munie d'un pic, de trois chandelles, chacune de trente centimètres, ayant été faites la nuit de la Toussaint avec la graisse d'un bouc blanc. Après avoir enlevé la neige, il fallait planter les trois chandelles en triangle et les allumer.

Deux côtés de ce triangle doivent mesurer deux coudées de long, et on doit faire un fossé de même dimension en profondeur. Le fossé doit être terminé quand sonne minuit, et alors le dernier coup de pic tombera sur un grand coffre de fer dans lequel se trouve le trésor. Tout ce qu'il y a à faire alors est de remplir un sac et ses poches avec les pièces d'or se trouvant dans le coffre. Beaucoup ont rempli ces conditions et entendu leur pic sonner sur le coffre de fer, mais chaque fois, l'aventurier a reçu un coup entre les yeux à cause d'une motte de terre, les chandelles se sont éteintes, et avec un bruit sourd le coffre s'est enfoui sous terre sans livrer aucun trésor. Ceux qui ont tenté la chose une fois ont toujours déclaré qu'ils devaient avoir omis une des conditions, car, si ce n'avait pas été le cas, ils auraient obtenu le trésor, mais on ne connaît personne qui n’ait jamais essayé une seconde fois ».

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